Savoir se nourrir de l’expérience des autres …
Saragosse : ateliers - rencontres ou comment mixer les publics, découvrir ce qui est fait de l’autre côté des Pyrénées, penser démarches participatives et collectives
Belle réussite que les journées d’études proposées ce week end à Saragosse par le Collectif « Pyrénées Por Favor » - MJC Berlioz, Maison de la Montagne, Ampli et GAM - à une cinquantaine de ses partenaires palois.
Folle idée au départ, ces journées s’inscrivent cependant bien dans l’esprit développé ces dernières années par ce collectif d’associations qui, sous l’impulsion de Berlioz (que chacun aujourd’hui connaît), tisse depuis une décennie un partenariat particulièrement actif entre Pau et Saragosse.
Pas à pas, ce qui est fait de notre côté des Pyrénées, à Berlioz en particulier - évènements artistiques, démarches collectives et sociales - croise avec bonheur les actions menées par « l’Asociacion de Vecinos » du quartier San Pablo et par la Fondation Ozanam à Saragosse.
Comment alors ne pas avoir l’envie de regarder avec attention cette dynamique participative, cette nouvelle citoyenneté qui se met en place et qui agit sur le cadre de vie afin qu’habitants, professionnels, artistes et responsables abordent autrement la ville, permettent une autre approche du « bien vivre » et du « bien décider » ensemble.
Durant deux journées, les participants à cette équipée transfrontalière - responsables culturels, bénévoles associatifs, plasticiens, graffeurs, ingénieurs, techniciens territoriaux, architectes et simples habitants de Pau - se sont ainsi retrouvés à Saragosse, arpentant les rues du quartier San Pablo. Cette belle diversité professionnelle et sociale hors normes a permis de croiser regards et analyses, de questionner les engagements de chacun et sans doute d’installer de nouvelles façons d’appréhender les lendemains urbains.
En effet, sur ce quartier, cœur historique de la ville, des habitants œuvrent depuis une bonne dizaine d’années, de manière collective afin de réinvestir les friches urbaines, ces « dents creuses » qui jalonnent nombre de rues passantes. L’objectif dans ce quartier populaire reste simple : palier le manque cruel d’espaces publics de proximité et proposer de nouveaux lieux d’expression, de rencontre, de convivialité.
« No es un solar » (« Ceci n’est pas une friche ») est le titre donné à cette démarche initiée par ceux qui font vivre le quartier avec la complicité d’architectes, d’urbanistes, d’artistes et l’aide précieuse de médiateurs municipaux. Durant ces journées, une démarche similaire fut expliquée par deux jeunes architectes de l’association Regen de Huesca, missionnés par la municipalité de la ville pour engager une réflexion collective sur le devenir des délaissés urbains. A chaque fois, un même processus de démocratie participative est engagée où habitants, professionnels et artistes participent de concert et mettent en œuvre leur propre projet.
Un bel élan d’urbanisme utopique trouve là un espace de réalité questionnant l’idée d’appartenir, d’habiter et de faire vivre la ville.
Dans le même temps, la rencontre de personnalités aussi diverses a installé, de fait, chez les participants palois l’envie d’aller plus loin afin de croiser pratiques et idées, d’installer de nouveaux partenariats.
L’esprit Berlioz délicatement posé ces dernières années sur « Pyrénées Por Favor » a envahi, le temps d’un week end, la cinquantaine de participants.
Demain ne peut être qu’un autre jour, l’espoir d’une nouvelle citoyenneté s’installe petit à petit.
Daniel Penicaud
bénévole à Berlioz


