DSCN0638
Le Carnaval 2011 de la MJC Berlioz

La MJC Berlioz cette année est partie en vacances au camping Berlioz les Bains….. L’occasion pour une cinquantaine de membres de la MJC – groupe informel de bénévoles, constitué uniquement à l’occasion du carnaval 2011 – de faire la fête avec les valeurs de partage, d’ouverture et  de convivialité qui sont celles de la MJC Berlioz, en prenant part à la grande fête populaire paloise du Carnaval Biarnès.

C’est quoi le Carnaval Biarnès de Pau ?

Carnaval est un espace de liberté extorqué au pouvoir par le peuple, un temps de folie qu’il s’accorde. Cette période d’excès et de tension va croissant et irrémédiablement jusqu’au paroxysme final : l’exécution de Sent Pançard le jour de mardi-gras. Alors, pendant quelques jours, on « se laisse aller » avant d’entrer en Carême.

Carnaval c’est s’amuser. C’est l’envie de rentrer dans la peau de quelqu’un d’autre, dans un jeu de rôle, seul ou entre copains. Grimé ou derrière un masque, c’est facile de s’exprimer, de se lâcher, de jouer avec le public, l’interpeller, provoquer le rire,  lui donner l’envie de  participer à la fête collective…

Carnaval c’est la fête gratuite ; une fête qui vous aspire et qui vous transforme en acteur, aux antipodes de celles qui vous confinent en consommateur passif. Une bouffée d’air pur dans un monde où l’on suffoque, l’antidote à tous les maux d’un monde de plus en plus uniformisé et violent. C’est la grande fête de l’hiver de notre région qui puise sa modernité dans son ancrage culturel.
Carnaval, c’est une fête populaire ouverte à tous : aux autres cultures, à toutes les générations, au monde urbain et au monde rural, aux sportifs, aux publics empêchés ou en difficulté, ….

Un grand moment de convivialité, c’est cela le carnaval béarnais.

L’Histoire du  Carnaval Biarnès.

Le personnage principal est  caricatural, immense, ventru et grossier : Sent Pançard. Ce personnage excessif, outrancier, concentre en lui tous les défauts et toutes les calamités du monde (guerres, catastrophes, injustices …) : c’est le parfait bouc-émissaire.

En 2010 (comme chaque année), Sent Pançard a échappé au bûcher du mardi-gras. Il est parti se cacher en Aragon et comme chaque année, en 2011, les Béarnais vont le chercher pour faire carnaval. Son retour en Béarn, à travers villes et villages, apporte liesse, pagaille, impertinence, fantaisie …. C’est l’occasion de fêtes déjantées, débridées et  de joyeuses ripailles.

Le grand défilé du samedi dans le quartier Berlioz, dans les rues de Pau et le jugement.

Le samedi est le grand jour de Carnaval, la gloire pour Sent Pançard, un grand défoulement collectif.

Les cliques, les fanfares, les groupes à pied – bandas et batucadas – les collectifs déguisés – tel la MJC Berlioz – déambulent dans les rues de Pau pour faire courir Sent Pançard.

Mais après la liesse, le défoulement, les danses, les jeux, la foule réagit. A son insu, St Pançard est condamné à être brûlé vif en place publique; il part prisonnier, escorté par les garde-civils, emprisonné dans une cage faite de solides  barreaux.

DSCN0583
C’est quoi le Carnaval 2011 de Berlioz ?

C’est avant tout une petite équipe de bénévoles de la MJCBerlioz, qui a consacré tout le mois de février 2011 à la préparation du Carnaval. Elle disposait d’un petit budget de 300€ ayant servi avant tout à l’achat de fournitures indispensables aux finitions des habits (élastique, fil, rubans, …). L’essentiel des tenues des carnavaliers est confectionné dans des draps blancs donnés par l’hôpital de Pau et Emmaüs.

Le metteur en scène retenu par la MJC orchestre les séances de répétition collective, arrange le scénario de la grande parade du samedi …

Bref, c’est une période d’excitation, mais dans un schéma cadré.

Le prologue : plusieurs réunions de préparation : choix du thème, Qui participe et comment ? Qui fait quoi ? Comment faire ? Des ateliers s’organisent :

 L’atelier mécanique : la golfette, le tandem et la caravane

 L’atelier couture : l’invention des imprimés des différents costumes (tous peints à la main par Marie Pierre Delvaux) ;  la confection des habits sous la direction de Yvette Borde et François Barradat

Les habits, les moyens de locomotion : 33 habits sont réalisés

Papy et mamy en tandem, Roselyne Garreta et Fred Destenabe,

La famille nombreuse avec la sévère mamie  - Monique Mangel  les enfants terribles : Thi N’Guyen, Maeva, Malaïka, Madiana, Lory, Pedro, Amandine

Le couple BCBG : René Bagole et Marie-Claude Cantégrit

Les baba-cool et leur golfette : Max Gomès, Jean Claude Laville, Mélinda Lopès, Yvette Borde, Nelly

Les déjantées : Chantal, Mado, Marie-Jo, Agnès Germain, Maria Valéro

Les personnages officiels : Florent Jimenez, le life-guard -  Jean Michel Fragey,  Mr Météo – Loïk Destenabe la police maritime - la sécurité maritime en cirés jaunes, Marie Pierre Delvaux, Denise, Françoise Barradat, Odile Hourcade, Julia Le Formal, Christian Carcenac, Fred Delord et son bébé – Gaëlle Sève, le paparazzi - Serge Deloustal, le marin au long cours.

Jusqu’au dernier jour, Max et Diégo tapent, vissent, soudent, Marie Pierre peint, Jean Claude découpe, Yvette taille, Françoise B.  et Maryse piquent, Denise repasse; les petites-mains Marthe, Mélinda, Odile, Monique, Françoise P., Maria, Gigi, Monique, Geneviève finissent les ourlets, les piqûres, attachent les rubans. Je suis chargée de vérifier la finition des costumes, les rubans, les canotiers, les ustensiles de chacun ou chacune, j’on installe les différents vêtements par famille, sur des portants distincts.

6 répétitions générales ont été organisées pour construire les saynètes et définir les rôles de chacun dans le défilé. Elles ont donné lieu à des repas partagés sous la forme d’auberge espagnole. La veille et le grand jour, les repas ont été préparés par l’atelier cuisine de la MJC sous la houlette de Roselyne et Jacques : pâtes carbonara le vendredi soir - axoa et clafoutis pommes-poires pour le samedi midi… délicieux.

Le dernier jour vendredi, on range les tissus, on balaie, on habille la golfette et la caravane. On prépare un grand défilé de couture à la MJC Berlioz ? Non, c’est le défilé de Carnaval 2011 qui se prépare.

 

P1040163
Le grand Jour. 

Lionel, le metteur en scène, nous a donné rendez-vous à 9H30 le samedi matin à la Grange. Le café est prêt ; les participants s’habillent dans la bonne humeur. Il fait un très beau soleil sous un beth ceü de Paü uniformément bleu. C’est de bon augure pour la suite de la journée.

10H30, départ pour l’école Marancy : les enfants sont en récréation, heureux, joyeux ; échauffement dans la cour - répétition de saynètes en faisant participer les enfants de l’école : la partie de pétanque - Berlioz à la plage : on nage, on plonge, je me noie, je suis sauvée par le life-guard de Berlioz - le match de volley.

La déambulation dans le quartier Berlioz.

La cavalcade s’ébranle avec les enfants de l’école devant ou parmi la troupe de Berlioz les Bains. Mr Météo distille des infos pas toujours crédibles. Il débloque? Mais non, c’est Carnaval !

On chante, on fait du bruit, les riverains de la rue Mozart sortent affolés … puis réjouis,  ils applaudissent le défilé.
A 11H,  une ornière a raison de la cheville de Marie Jo; les sapeurs-pompiers  l’emmènent aux urgences de l’hôpital : elle en reviendra vers 14H sur 2 béquilles – diagnostic provisoire : fêlure (fracture ?) à la cheville. Pour elle, le carnaval se fera sur la golfette de Max ; Jean Claude sera relégué à l’arrière, avec les sacs de confettis et les bouteilles d’eau. Il s’en moque, il distribuera  des confettis aux enfants !
A midi, le centre commercial s’anime : la « fanfare du Sergent Perrut » donne l’aubade.  Les habitants, les commerçants, les artisans de Berlioz sont heureux de ces moments de convivialité apportés par la MJC ; la fête bat son plein, la farandole se fait et se défait,  le char de Sent Pançard réalisé par les enfants est brûlé devant la fontaine, l’apéro est servi par la MJC Berlioz.
13h30 retour à « la succursale » pour un grand repas partagé au pied de la « cabane dans l’arbre », où la fanfare distille à nouveau des airs de jazz et de blues… Instants  magiques, presque du recueillement !

C’est une grande tablée de plus de 50 personnes qui déguste l’axoa et les clafoutis de Roselyne… Un régal.

On va faire courir Sent Pançard à Pau.

Départ pour la place Clémenceau - qui avec sa voiture - qui avec les minibus de la MJC - qui avec la golfette ou le tandem hissés sur un camion : tous laissent « La Grange » triste et vide.
Le responsable du carnaval Biarnès de Pau  nous place en N° 2 derrière le groupe à pied « Tambou di fé » de BOM – Béarn Outre Mer.  Au moins, nous aurons du bon « son » … mais nous n’entendrons pas trop le nôtre… nous nous en accommoderons ! C’est carnaval !

Notre sérieux dans le défilé, avec un brin de déjanté, de BCBG ou de Baba Cool :

Les répétitions sont mises à profit : plage dans la rue Serviez, les enfants nagent avec nous  - match de volley improvisé dans la rue Samonzet - partie  de pétanque dans la rue Taylor,  etc…

On se défoule, on joue,  on danse;  la foule participe, se prend au jeu,  applaudit sur notre passage; c’est incontestable, nous plaisons.

18H30 : le jugement de Sent Pançard.

Tous les carnavaliers, les bandas, la foule, les curieux, sont au pied des marches du tribunal de Pau. Ils assistent en silence au jugement de Sent Pançard, considéré comme responsable de tous les maux, de la débauche qui a habité le temps d’une semaine le peuple de Pau.
Un procès fleuve, avec avocats de la défense, procureur de la République, témoins, garde-civils, réalisé en béarnais - traduit en français sur écran géant – fait le réquisitoire de tous les méfaits de St Pançard, écorchant au passage nos élites paloises, locales et même  nationales : c’est Carnaval,  tout est permis !

A la satisfaction générale, Sent Pançard est condamné à être brûlé vif en place publique : il part encadré par les garde-civils, enfermé dans une grande cage de barreaux de fer, vers le lieu de son sacrifice : la place de Verdun …. Mais il s’en évadera dans la nuit, pour être finalement repris et brûlé le mardi-gras, lors du Carnaval des enfants qui réunit à Pau 2 000 enfants, dans la joie, les éclats de rire, la danse, les jeux, l’émotion… C’est ce qui se dit à Pau ! Est-ce exact ?

La grande liesse du samedi soir.

Invitée par des amis, je ne peux partager le repas servi à tous les carnavaliers sous le grand chapiteau de la place de Verdun. J’y passe vers 23H30 et j’y retrouve les infatigables Mélinda, Mado, Agnès, Nelly. Il parait que Jean Michel est passé aussi vers 23H, déguisé….. Le saviez-vous ?

C’est la fin du Carnaval 2011 de Berlioz 

Bien sûr,  il y a des carnavals prestigieux Rio - Venise – Lens – Lille- Cologne - Nice - Fort de France - Palma de Majorque ….. Nous n’avons pas prétention à les égaler, simplement à nous plaire dans cette tradition - vraie dans tous les pays,  sur tous les continents - de grand défoulement collectif. Oubliés le sérieux de tous les jours, les soucis, les impondérables, les revers de la vie au quotidien. A Carnaval, on chante, on danse, on fait de la musique … ou simplement du bruit : c’est la récompense, après ces semaines de préparation.
On est enfin acteur de la fête, dans les rues, dans le quartier, dans la ville.
Carnaval c’est le bouchon de la cocotte-minute qui laisse échapper la trop grande pression.
Pour moi, c’est se mêler à cette fête dans la culture populaire béarnaise et laisser exploser la créativité, les envies de mélange, de mixité dans la musique, les jeux, la danse, la joie.

                                                                           Marie Claude Cantégrit,

Habitant le quartier,

Et adhérente de la MJC Berlioz depuis 5 ans


NB : en fait, les enfants des écoles n’ont brûlé que les chars. Sent Pançard s’est encore enfui en Aragon ; il reviendrac, c’est sûr,  l’an prochain en Béarn, pour faire le Carnaval.

La MJC Berlioz participera t’elle à nouveau ?

To be or not to be ….  Mais Carnaval … quand-même!!!!!!!!!

Publicité
Tag(s) : #Vie du Quartier et de la MJC

Partager cet article

Repost0