Durant l’été 2014, les « ateliers jeunes » de la MJC ont permis à 46 adolescents, de 14 à 18 ans, dont 30 filles et garçons du quartier Berlioz, d’avoir une bonne raison de se lever pendant les vacances : venir travailler à la MJC.

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Lourdes pensées sur les ateliers-jeunes ...

Bon…c’est vrai que la bourse de 90 euros en contrepartie de 20 heures de travail hebdomadaire n’est pas pour rien dans l’attrait que peuvent y trouver nos jeunes. Il y a d’autres facteurs qui expliquent que ces ateliers ont fait le plein, car il est clairement identifié qu’ils permettent aussi une forme de découverte, d’apprentissage, d’autonomie,d’esprit d’équipe, et pour tout dire, de qualité.

Nous sommes ici avant tout dans « l’ humain », la jeunesse arrive à Berlioz sous la bannière « créer c’est résister », et c’est tout à fait dans cet esprit qu’elle a coulé la dalle du cadran solaire de la Coulée verte, effectué des réalisations de bambou, relookée les murs de l’Espace jeunes à la Cité des Pyrénées, jardiné et entretenu les jardins et potagers de Tremblement, bardé les modules du labyrinthe fleuri, aménagé le local de Gadjé- Voyageurs, créé les lettres en bois peintes de rouge rendues célèbres par un certain Dimitri Vazemsky,( et accessoirement par FR3 aquitaine),ouf, et oui ça fait du boulot tout ça !

Au moment où l’emploi salarié est si compliqué à trouver, synonyme pour beaucoup de souffrance, pénibilité ou précarité, tout le travail reste à faire pour que sa « valeur », - tu sais, la fameuse « valeur travail », tellement galvaudée et servie à toutes les sauces-, ressemble à un exercice parfois difficile mais pas pénible, formateur et pas abrutissant, exigeant sans être stressant, parfois aussi rébarbatif mais constructif, et au finish, valorisant – au moins dans l’espace de ces ateliers…

Certains dans le public accueilli connaissent déjà l’implication nécessaire et l’énergie physique que demandent le travail dans les champs, de devoir remuer des sacs de ciment, bouger de la ferraille, ou s’occuper d’un tiers. D’autres sont loin de cette réalité. Tous ont su être à l’heure le matin, accepté les consignes, appréhendé cet outil nouveau, ou cet autre de son âge, venu d’un autre quartier. Ici, c’est mixte.

Se retrouver entre amis ou dans un projet commun, se révéler capable de faire du neuf dans sa tête et avec ses mains, se rencontrer et tisser des liens, pouvoir être en difficulté à l’école et se sentir à l’aise avec un bout de corde, une scie sauteuse ou un pinceau, savoir s’adapter à une nouvelle tâche, à un nouveau « chef d’atelier » , être fier d’ aller au bout de son activité et de montrer ce qu’on a créé, mine de rien, c’est déjà beaucoup.

La Grange permet cela, de ce formidable outil découle la réussite de ces ateliers, avec des personnes incroyables qu’on y retrouve, bardés de compétences, de pédagogie, de patience, ok pour partager leur savoir et filer la main, répéter, jongler avec les caractères et les humeurs de chacun, motiver les troupes, guider nos jeunes, faire attention . Encore une fois, les intervenants et bénévoles ont fait preuve d’une qualité première dans leur accompagnement , en étant au plus près d’eux, grâce à de petits groupes, quand ça va pas on prend le temps de régler les problèmes , mais ça avance, ça fabrique ensemble, c’est même très beau à voir.

Tu vas croire que je te dresse un tableau d’honneur, que j’écris une carte postale idyllique , que tout s’est fait sans accrocs ni tensions. Oui il y en a eu , mais quand tu vois le résultat le nuage s’évapore et tu passes à la suite, en n’oubliant pas là ou t’as galéré, là ou t’as senti que ça tournait au vinaigre, là ou t’as vu que le gamin n’y était pas, là ou t’as vu que oui, travailler c’est chiant.

Pouvoir le dire et en discuter avec les jeunes, causer du sens de l’effort et de sa finalité, sortir des clichés populistes et stigmatisants qu’imposent les médias, et parler plutôt des expériences de chacun, nos jeunes savent très bien ce qui les attendent alors gaffe, ils connaissent ce que c’est d’avoir un travail ou pas, dans leurs foyers , chez leurs voisins. Des efforts ils en font tous les jours, la pression ils la connaisse aussi, avec ou sans école, je veux croire que durant leurs ateliers ils en sont sortis plus « grands », plus confiants en eux, plus épanouis, plus fiers, plus riches que de 90 euros…

Marc Dabadie, animateur au secteur jeunes

Lourdes pensées sur les ateliers-jeunes ...
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Merci à tous les jeunes et à leurs parents !

Dédicace à tous les salariés, animateur- trices et bénévoles de la MJC Berlioz motivés et  impliqués dans ces ateliers jeunes, ainsi qu’aux partenaires sociaux : Gadjé Voyageurs, MJC du Laü, INSTEP, Foyer de l’Enfance.

Merci aux encadrants techniques : Serge, Carole, Fanny, Nathanaël , Franck, Titouan, Artpiculture, Alexandre et Nadine, le Germéa, Létitia du Conservatoire des Espaces Naturels, Patrick, Josette, Franck, Marie, Vania Cheyssal et Dimitri Vazemsky…

…et au GIP DSU !

Lourdes pensées sur les ateliers-jeunes ...
Tag(s) : #Secteur Jeunes et Familles

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